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Publié par frère jacques

Luc 5:1-11
1 Un jour, Jésus se tenait au bord du lac de Génésareth et la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
2 Il vit deux barques près de la rive: les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
3 Jésus monta dans l’une des barques, qui appartenait à Simon, et pria celui-ci de s’éloigner un peu du bord. Jésus s’assit dans la barque et se mit à donner son enseignement à la foule.
4 Quand il eut fini de parler, il dit à Simon: Avance plus loin, là où l’eau est profonde, puis, toi et tes compagnons, jetez vos filets pour pêcher.
5 Simon lui répondit: Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre. Mais puisque tu me dis de le faire, je jetterai les filets.
6 Ils les jetèrent donc et prirent une si grande quantité de poissons que leurs filets commençaient à se déchirer.
7 Ils firent alors signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent et, ensemble, ils remplirent les deux barques de tant de poissons qu’elles enfonçaient dans l’eau.
8 Quand Simon Pierre vit cela, il se mit à genoux devant Jésus et dit : Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur!
9 Simon, comme tous ceux qui étaient avec lui, était en effet saisi de crainte, à cause de la grande quantité de poissons qu’ils avaient pris.
10 Il en était de même des compagnons de Simon, Jacques et Jean, les fils de Zébédée. Mais Jésus dit à Simon: N’aie pas peur; désormais, ce sont des hommes que tu prendras.
11 Ils ramenèrent alors leurs barques à terre et laissèrent tout pour suivre Jésus.

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Culte du Dimanche 15 janvier 2015
Temple de l'Eglise Protestante Unie de Belgique à Marcinelle (près de Charleroi)
Prédication de Frère Jacques
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C’est fou ce que l’actualité nous a apporté comme moisson d’informations ces derniers temps.
Quelle course pour certains d’une librairie à l’autre pour se procurer Charlie Hebdo. Tirage 5 millions d’exemplaires. Du jamais vu pour un journal hebdomadaire.

Ce que j’ai vu, c’est ce que les journaux télévisés ont bien voulu nous montrer. Des caricatures multiples et du, tu en veux, en voilà et j’en rajoute une couche.

La couverture de ce journal satyrique nous montrait un homme au turban blanc tenant une pancarte sur laquelle était inscrit : Je suis Charlie. Au dessus de sa tête, les mots : Tout est pardonné. Demain combien seront-ils à vouloir encore acheter Charlie Hebdo ?

Vous connaissez tous la devise de la France, Liberté, Egalité, Fraternité.
Un internaute m’a envoyé, il y a déjà bien longtemps un dessin humoristique. Un mur sur lequel sous le mot liberté était écrit le mot Provisoire. Sous le mot égalité se trouvait le mot Dérisoire. Et enfin sous le mot fraternité écrit à la bombe de peinture le mot Aléatoire.
Ce qui donnait : Liberté provisoire, Egalité dérisoire et Fraternité Aléatoire.

Il y a un peu moins d’une année, un autre de mes amis n’envoyait un dessin humoristique.
On y voyait un homme hospitalisé. Sur la table de nuit un verre et au dessus du lit, un cordon relié à un pistolet. Dans une bulle on pouvait lire : Si vous souffrez trop, vous tirez sur le cordon.

Allez, je vous vous fait découvrir un dernier dessin plein d’humour. On y voit un prêtre face à deux ordinateurs. Sur l’un un visage d’homme et sur l’autre écran celui d’une femme. Et dans une bulle se trouvait ces mots : Je vous déclare mari et femme, jusqu’à ce que facebook vous sépare. J’en ai reçu un autre, et celui-là je vous le montrerai dimanche prochain… après le repas communautaire.

Me prenant tout à coup pour un dessinateur de Charlie Hebdo, je me suis mis à chercher le dessin qui ferait « mouche » auprès des lecteurs pour illustrer l’Evangile de ce matin.
On y verrait un lac, deux barques, un filet de pêche déchiré, des poissons, et un homme à genoux et dans une bulle j’écrirai : « Eloigne-toi de moi, Seigneur, je suis un homme pécheur ».

Ou peut-être que je dessinerai des hommes en train de pêcher des hommes avec une canne à pêche au bord d’un lac. Cela changerait du pêcheur qui tient au bout de son fil, une vieille godasse. Tiens, j’y ajouterai une femme tenant dans les mains, non pas une kalachnikoff mais une caméra pour immortaliser la scène. Peut-être me trouvez-vous quelque peu provocateur ce matin. Bon, quittons Charlie Hebdo pour nous penchez plus sérieusement pour des dessins moins osés, et plus bucoliques…

Voici donc une page de mon journal de culte. Une barque, seule sur l’étendue bleue. La barque porte comme immatriculation, le nom de son propriétaire : Pierre. Dans cette barque Jésus assis… face à lui, sur le rivage, une foule silencieuse écoute son prêche.

Je vous offre un autre dessin : la même barque, s'enfonçant sous le poids de milliers de poissons, au point qu'une autre barque doit venir porter secours à ses occupants et sauver la cargaison de poissons. Arrêtons-nous sur cette première barque et donnons-lui une nouvelle immatriculation : Barque de l’Eglise.

C’est vrai que l’Eglise a très souvent été considérée comme une barque appelée à repêcher les humains qui se débattent dans le vaste océan du monde en prise avec des tempêtes à répétition. Des tempêtes sociales, politiques, religieuses, économiques, familiales, …
On se croirait dans les 40ème rugissants. On entend hurler dans le vent celles et ceux qui voudraient voir une Eglise plus souple, plus aimante, plus proche des préoccupations des gens...

D’autres implorent le ciel pour qu’une pluie de commandements tombe sur les mécréants comme une pluie d’étoiles en plein mois d’août. Etrangement ces gens ressemblent plus à Jacques et Jean, deux fervents disciples de Jésus prêts à implorer le ciel pour qu’il fasse tomber son feu sur les Samaritains récalcitrants et peu hospitaliers.

Au court de ma préparation de cette prédication, je me suis demandé qu’elle pouvait bien être ce que Jésus avait enseigné depuis la barque de Pierre. Peut-être a-t-il parlé de l’amour du prochain, d’aimer et de prier pour ses ennemis ? Peut-être il parlé de l’unité qui existait entre lui et Dieu son Père ?

Peut-être a-t-il une nouvelle fois mis l’accent sur vous avez appris, mais moi je vous dis…
Rien ne nous est ici rapporté. Donc curieux s’abstenir.

Que fait Jésus après avoir donné son enseignement à la foule venu l’écouter ? Il conseille à Pierre d’avance en eau profonde. Pourquoi ? Parce qu’il sait parfaitement bien que Pierre et ses collaborateurs ont travaillé toute la nuit sans rien prendre. Il a vu leur travail de nuit, et l’échec qu’ils ont vécu.

Jésus connaît nos échecs
Frère et sœurs, dois-je vous rappeler que Jésus connaît ce que nous vivons. Il ne veut pas rester indifférent à ce que la vie nous impose.
Il sait que les échecs de la vie sont durs à vivre surtout quand ceux-ci s’imposent à nous depuis très longtemps jusqu’à même nous pousser au découragement pour longtemps..

L’influence de nos échecs

On se sent comme pédaler dans la choucroute, mouliner dans le vide.
On finit par ne plus être motivé pour quoi que ce soit.
On vit, avec ce quelque chose de cassé en nous. Un certain vide s’est creusé en nous.
On s’installe alors dans ce que j’appellerai la culture de l’échec.
On ne croit plus à son travail, mais on le fait quand même par obligation.
On ne croit plus à l’amour, mais on reste encore ensemble… à cause de… ou des…
On ne croit plus à ses rêves d’une vie meilleure… on se dit qu’on est pas assez bien, pas assez brillant pour oser prétendre à mieux.
On se résigne et on s’enferme dans une vraie prison psychique.
On finit par croire que tout est inscrit d’avance et qu’on ne pourra rien y changer.

Et pourtant Dieu nous donne de rebondir, il nous lance un appel à vivre et c’est comme si nous ne voulions pas l’entendre, parce que nous cultivons l’échec.

Plus loin… oui plus loin…

Lorsqu’après avoir enseigné la foule Jésus dit à Pierre avance en pleine eau. Il veut ainsi mettre un point final à cette nuit de pêche infructueuse pour Pierre et ses amis et leur faire vivre une nouvelle expérience avec Lui.

Plus loin… c’est là où on perd pied c’est là que Jésus veut mettre fin à notre échec, à ce découragement qui nous tenaille, à notre fatigue du jour, de la semaine, du mois, ou celles de ces longues années qui se sont écoulées.

Plus loin, c’est comme si Dieu nous appelait à creuser en nous-mêmes, à aller vers nos profondeurs, à croire en nos potentialités enfouies sous les gravats du découragement, de la lassitude. Car Dieu sait qu’il y a en nous des capacités d’épanouissement inouïes. Oui avance, et découvre le trésor que j’ai mis en toi, pour que tu vives pleinement, et que tu sois heureux.
Ce Trésor que tu pourras partager avec ton entourage. Dieu nous invite à croire en la vie, à quitter notre culture de l’échec et à retrouver notre liberté.

Confiance et confession

Quand Pierre et ses compagnons jettent le filet, à la vue de cette pêche miraculeuse, Pierre semble tout à coup être pris de panique. Il a maintenant de la peine à se tenir devant celui qui lui a ordonné de jeter le filet, il se reconnaît pécheur et commande à Jésus de s’éloigner de lui.
Que lui répond alors Jésus ?
N’aie pas peur, Pierre. Je te fais désormais confiance et je te proclame pêcheur d’hommes.
J’ai besoin de toi
Quelle merveilleuse promotion pour cet homme. Tout ce que sa vie professionnelle de pêcheur lui a appris, il va le mettre désormais au service d’une vocation plus vaste. Celle de pêcher des hommes. Il laisse tout et s’engage à suivre Jésus. Une nouvelle vie commence pour lui.
Si aujourd’hui, Pierre a connu la pêche miraculeuse, le livre des actes des apôtres nous fera découvrir bien des années plus tard, Pierre devant une porte de fer qui s’ouvre toute seule devant lui.

Que retenir de notre méditation ?

Les dessins de Charlie,Hebdo, ma petite provocation brossant l’Evangile à la manière de ce quotidien ? Non bien sûr, une prise de conscience que dans les tempêtes de la vie, dans nos échecs à répétition,
Jésus vient nous faire découvrir sa générosité, en nous conduisant plus loin, toujours plus loin pour nous dire toute la confiance qu’il nous accorde et nous dire n’aie pas peur.


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