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Publié par frère jacques

Frère Jacques commente un passage de l'Evangile de Luc 12:13-21 

Ecclésiaste 1:1-2; 2:21-23

Dans la bible on retrouve très souvent des histoires qui impliquent 2 fils. Il y a celle d’un fils jaloux qui tue son frère (Caïn et Abel) - Il y a celle du fils qui met les voiles et de son frère aîné qui bosse sans cesse et finit par ne plus vouloir reconnaître ni père, ni frère.

Dans l’Evangile, on trouve aussi une histoire avec deux fils. Ici le père est mort et l’un des fils s’est approprié à lui tout seul l’héritage.

Le frère, qui se sent laissé s’en va retrouver Jésus sur la route qui conduit à Jérusalem, parce que pour lui, cela ne fait aucun doute, Jésus est un fin connaisseur de la Loi et il est persuadé que Jésus peut l’aider à résoudre ce conflit d’héritage qui l’oppose à son frère.

Il s’imagine que Jésus pourrait aller parler à son frère, ou lui donner des solutions toutes faites, qui arrangerait bien les choses.

De nos jours encore, les questions d’héritage restent souvent des occasions de jalousies, de rivalités farouches et durables.

Il paraît même que certaines personnes se disputent pour un mauvais guéridon ou une armoire fatiguée.

Mes amis savent qu’en Belgique les questions d’héritage cela se complique. En effet les droits de succession varient d’une Région à l’autre et sont fonctions de la Région dans laquelle le défunt a résidé le plus longtemps au cours de ces cinq dernières années de vie.

Avec humour, disons qu’il faut habiter la bonne région avant de mourir. Et le montant des impôts dépend encore de votre lien de parenté avec le défunt.

Cela se complique encore s’il s’agit d’enfants naturels (issus de concubins ou adultérins (conçus pendant le mariage avec une personne autre que le conjoint, les enfants légitimes (issus d’un couple marié) et puis les enfants adoptés et le type d’adoption (plénière ou adoption simple)

On pourrait encore aller plus loin, mais je ne suis pas ici pour jouer le rôle d’un notaire, mais bien pour jeter une certaine lumière sur l’évangile. Nous aussi, tout au long de notre vie nous venons vers Jésus avec des questions brûlantes, des choses que nous avons à coeur. Notre désir de trouver des solutions. Nous croyons qu’il est celui qui tient la solution miracle et qu’il va régler tous nos problèmes, voir tous nos conflits familiaux ou bien d’autres.

Qui n’a jamais entendu dire : Venez à Jésus et tout ira bien. Comme si Jésus était là juste pour régler les problèmes. Relisez la parabole du semeur et vous verrez quelques-unes des situations que l’on rencontre sur le chemin de la vie chrétienne.

Si Jésus passait parmi nous quel serait le conflit que nous lui demanderions de régler ? Quel chemin nous indiquerait-il pour en sortir ?

Ce fils du père décédé, en pétard avec son frère sur une question d’héritage, profite donc du passage de Jésus pour lui demander son arbitrage. Celui-ci est probablement le fils cadet. Son frère aîné semble s’être emparé de la totalité de l’héritage et ne veut pas lui remettre ce qui lui revient.

Mais que dit le droit juif en matière de succession ? Que dit la Bible sur ce sujet ?

Dans lle livre de la Genèse, Abraham regrette que Dieu ne lui ait pas « donné de postérité, et l’enfant de sa maison sera son héritier ». Genèse 15.3 Plus loin, la thora régularise la succession : « Lorsqu’un homme mourra sans laisser de fils, vous ferez passer son héritage à sa fille. S’il n’a point de fille, vous donnerez son héritage à ses frères. S’il n’a point de frères, vous donnerez son héritage aux frères de son père.

S’il n’y a point de frères de son père, vous donnerez son héritage au plus proche parent dans sa famille, et c’est lui qui le possédera. Ce sera pour les enfants d’Israël une loi et un droit, comme l’Éternel l’a ordonné à Moïse » (Nombres 27:8-11)

S’il est le fils aîné, “il reçoit une double portion prélevée sur les biens. Si le droit d’aînesse lui appartient, il a charge d’entretenir sa mère et ses soeurs non mariées.”

Le temps me manque pour parler de l’héritage dans le système du droit successoral musulman et en particulier celui de la femme. Juste une citation du coran : « Dieu vous ordonne d’attribuer au garçon une part égale à celle de deux filles… (les femmes 11)

Ajoutons encore qu’en droit successoral musulman, il n’existe pas de charges fiscales, ni d’impôts sur les successions.

Après cette parenthèse revenons au texte biblique où Jésus dit : « Qui m’a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? »

Jésus ne prend pas position dans cette injustice flagrante. On serait tenté de dire qu’il va à l’encontre de tout l’Evangile. Pourquoi ne met-il pas fin à cette injustice en intervenant lui-même dans le partage ? C’est parce que la solution au problème de cet homme est à trouver ailleurs qu’en Dieu.

En effet, Jésus ne veut pas se substituer au juge terrestre il donne aux autorités judiciaires leur place. Pour lui, lorsque le droit est violé, c’est au juge de trancher et de procéder au partage des biens.

Après avoir indiqué à cet homme le chemin à suivre pour solutionner son problème du partage d’héritage, Jésus s’adresse maintenant à la foule qui l’accompagne. ”Gardez-vous avec soin de toute avarice; car la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens serait-il dans l’abondance.”

Et il met en scène un homme riche qui réfléchit sur ce qu’il va bien pouvoir faire de cette superbe récolte produite par ses terres. Mais il y a deux manières de réfléchir et d’envisager l’avenir; soit comme un sage, soit comme un insensé.

Cette parabole va nous révéler les quelques grains de folie de cet homme devenu riche.

1)Sa première graine de folie est d’avoir fait de sa personne, le centre de l’univers. Il n’y a plus que lui qui compte. Ecoutez ce qu’il se dit à lui-même «Je vais abattre, je vais bâtir, je vais amasser. »

2) Sa deuxième graine de folie. Il fait raisonner trois marques de son égoïsme et détourne, à son profit, la bénédiction de Dieu. « Mes greniers, ma récolte, mes biens ». .

3) Sa troisième semence de folie : il parle à son âme comme si elle lui appartenait. « Mon âme, (sa vie) tu as beaucoup de biens” et une belle réserve pour plusieurs années. »

4) Quatrième graine de folie : il s'imagine pouvoir vivre encore longtemps et nager dans le bonheur. Malheureusement, il ne s'aperçoit pas qu'il est en train de se noyer dans de belles illusions.

5) Avec la cinquième graine de folie il programme l’avenir de son âme (de sa vie) : « Repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi. » Autrement dit : fais la fête tous les jours. Faire la fête c’est bien là le mot que l’Évangéliste Luc emploie pour la fête de réception du « fils prodigue » Luc 15:23.)

3) Sa sixième graine de folie révèle qu’il a totalement oublié Dieu qui l’a comblé de tant de bénédictions. Cet homme vit et agit vraiment un insensé. Il vit dans son rêve, son monde. L’avenir qu’il s’est imaginé ne lui donnera même pas le temps de poser la première pierre de ses greniers.

Lui qui se croyait éternel, sans aucune reconnaissance pour les bienfaits de Dieu ni le soucis de son prochain, va brutalement avoir le fil de sa vie couper et devoir rendre des comptes sur sa manière de gérer des bénédictions qu’il a reçues.

En racontant cette parabole de ce fermier devenu riche, il me semble que Jésus envoie un message d’avertissement au frère aîné qui vient d’hériter et qui garde tout pour lui ? Et au frère cadet Jésus semble dire que Dieu veille sur tous les hommes au comportement insensé.

Cette histoire qui tourne sur une question d’héritage se termine par une question qui traverse toutes les générations : « Pour qui sera tout ce que l’insensé a laissé en quittant ce monde ? »

Pour qui seront tous les biens que nous avons reçus des mains de Dieu durant notre vie. Voilà une question pertinente, dérangeante, qui nous fait prendre conscience que le fil de notre vie peut être coupé d’un moment à l’autre.

Psaumes 49:10 (49-11) Les sages meurent, l’insensé et le stupide périssent également, et ils laissent à d’autres leur bien.

Proverbes 13:16 Tout homme prudent agit avec connaissance, Mais l’insensé fait étalage de folie.

Je terminerai cette méditation en reprenant par ce verset que nous avons lui dans l’Ecclésiaste : L’homme sage voit où il va. (2:14) Et toi, vois-tu où tu vas ? Exhortons-nous les uns les autres, afin d’aller dans la bonne direction.

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