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Publié par frère jacques

Des fourmis intelligentes

Nous étions à la fin de la journée et nous finissions de déguster une bouteille de vin après un repas bien apprécié, sur la terrasse de notre lieu de vacances. Notre regard se porta sur une colonie de toutes petites fourmis venues ramasser les inévitables miettes tombées de la table. C’était un véritable va et vient, une vraie autoroute où malgré la densité du trafic et la cadence élevée, la circulation restait fluide.

 

Ces fourmis excellaient dans l’art du croisement pourtant anarchique. Elles esquivaient celles qui arrivaient en face aussi bien à gauche qu’à droite. Leur vitesse nous impressionnait. Selon mes estimations elle s’élevait à quatre centimètres à la seconde en vitesse de croisière et le double quand on les affolait. Nous étions éblouis par ces fourmis de cinq millimètres de long.

 

En extrapolant avec notre mètre septante d’homme, nous découvrions qu’elles voyageaient à quarante-huit kilomètres heure et qu’elles pouvaient atteindre les nonante-six kilomètres heure lors des accélérations. Nous étions sidérés. Que dire de leur organisation du travail ? Les miettes qu’elles entraînent avec elles sont aussi grandes qu’elles et elles le font avec une facilité déconcertante. Elles ralentissaient à peine lorsque le chemin prenait la verticale du petit muret qui clôt notre terrasse. Quand le morceau s’avérait être trop lourd, elles n’hésitaient pas à unir leurs forces.

 

Voici quatre prétentieuses charriant une croûte de pain monumentale à leur échelle. Si le parcours paraissait quelque peu chaotique, elles passaient cependant sans trop de problèmes jusqu’à la verticalité du muret. La montée se faisait par trois pas en avant, deux pas en arrière.

Quelques secondes plus tard, une fourmi qui descendait voyant ses consoeurs en difficultés leur prêta assistance. Elle fut vite rejointe par deux, puis trois, quatre et bientôt une douzaine d’autres fourmis solidaires dans cette ascension héroïque.

 

Les voici maintenant au sommet , mais de l’autre côté elles savent que la descente s’annonce tout aussi périlleuse. A leur place, je crois que nous aurions tôt fait de balancer la croûte pour la récupérer en bas. L’une d’elles me regarda et comme si elle devinait mes pensées, il me semblait qu’elle me disait : " mais Monsieur, on ne jette pas la nourriture. Pour nous une croûte, c’est très précieux."

 

Mon épouse et moi-même nous les regardions amorcer cette descente vertigineuse du muret. Elles ne semblaient pas impressionnées et aucune d’elles ne semblait souffrir de vertige. Avec la même agilité et pleines de bon sens elles oeuvraient pour le bien de la collectivité. Leur courage, leur abnégation et leur solidarité nous ont rappelé deux choses.

 

La première c’est qu’on est rarement bon tout seul. La deuxième, ce vieux proverbe d’un sage : Va vers la fourmi, paresseux; Considère ses voies, et deviens sage. Elle n’a ni chef, ni inspecteur, ni maître; elle prépare en été sa nourriture, elle amasse pendant la moisson de quoi manger. (Proverbes 6:6-8)

Frère Jacques


le--on-de-fourmis.jpg

 

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