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Publié par frère jacques

Dimanche 1 février 2009    Homélie de Frère Jacques

 

Lectures :  Psaume 147   Job 7:1-7  Marc 1:29-39

 

Je vous invite aujourd'hui à vivre deux journées dans le sillage de Jésus. Rejoignons-le à la synagogue de Capharnaüm où, comme à son habitude, il donne un enseignent. Tout à coup, un esprit vient l’apostropher et proclame au sein de l’assemblée que Jésus est le Saint de Dieu, venu pour détruire les œuvres du diable.

 

Les participants assistent alors à l’incroyable délivrance d’un homme prisonnier d’un esprit impur et qui pourtant proclame la vérité.

 

Tout le monde sort de la synagogue avec, dans la tête, mille questions.  Mais qui est donc vraiment Jésus ?

 

Accompagnons encore Jésus :  maintenant il se rend chez Simon et André, peut-être pour y manger un peu et se reposer. Il y trouve la belle-mère de Simon alitée victime d'une forte fièvre : Jésus la délivre de sa fièvre et elle se met à servir un repas à tous ceux qui sont dans la maison.

 

Et comme une journée passe si vite nous nous retrouvons au coucher du soleil avec un long cortège de gens qui arrivent de toute la ville, des malades, des infirmes, des possédés.  Ils sont venus chercher auprès de Jésus un geste d’amour, un regard de compassion, une délivrance.

 

Qu’est-ce que tu es venu chercher aujourd’hui dans cette église ? Où qu’attends-tu de Jésus aujourd’hui ? Notre brève lecture de quelques versets du livre de Job nous a fait entendre la plainte d’un grand souffrant. « Quand finira ma nuit, je suis rassasié d’agitations. Mon corps, ma peau, mes jours, tout file vers la destruction… plus d’espérance.  Souviens-toi que ma vie n’est qu’un souffle. » 

 

De notre lecture de l’Epître aux Corinthiens je ne retiendrai que cette phrase de l’apôtre Paul qui, regardant ce que fut sa vie déclare : «J'ai partagé la faiblesse des plus faibles pour gagner aussi les faibles.» A côté de la souffrance de Job, et celle de l’Apôtre Paul, chacun pourrait y juxtaposer sa souffrance personnelle. Qu’elle soit morale, physique ou psychique, ou encore matérielle. Des blessures du corps, de l’âme, des blessures du cœur, et celle de l’esprit.

 

Tous nous portons en nous ces souffrances. Certaines sont cachées,  invisibles à l’œil nu mais cependant bien vivantes.

 

Mais n’y a-t-il pas aussi hélas ces souffrances dans lesquelles l’être humain se complaît.

Tantôt il s’en sert pour alerter tous ceux et celles qui croisent sa route. Tantôt, il s’enferme dans un silence destructeur qui conduit souvent au suicide.

Épancher dans le cœur du Seigneur, sa douleur fait du bien. La dire à un ami peut aussi être bénéfique.

 

Il est vrai que face à une personne qui souffre, nous n'avons pas, comme Jésus, le pouvoir de guérir, mais nous avons tous le pouvoir de compatir, d'être présents, d'écouter, d'accueillir, de tenir la main, de prier pour et avec la personne qui souffre.

 

Mais, attention de ne pas tomber dans le piège de ceux ou celles qui, touchés dans leur corps ou dans leur coeur aiment à ce qu’on s’apitoie sur leur sort.

 

Vous me permettrez de vous raconter deux histoires à méditer tout au long de cette semaine.

 

Imaginez que vous veniez d’être agressé dans la rue; on vous a volé votre montre, votre sac et tous vos papiers. Une ambulance vous a amené à l’hôpital et le médecin a examiné toutes vos blessures. 

 

Quelle sera votre priorité en sortant de l’hôpital ? Allez-vous sans cesse ressusciter dans votre mémoire cette agression ? Non, n’est-ce pas. Vous penserez surtout à vous en sortir et à oublier le plus vite possible, cet incident douloureux.

 

Permettez-moi une double question. Pourquoi lorsque nous sommes blessés physiquement recherchons-nous tout de suite l’aide de spécialistes, et pourquoi, lorsque nous sommes blessés psychologiquement, n’adoptons-nous pas la même attitude au lieu de nous apitoyer sur nos souffrances ?

 

Dans le Kentucky, on raconte l’histoire du général Robert Lee qui visitait un jour une vieille dame. Celle-ci lui exprima sa colère vis-à-vis des artilleurs qui au cours de combats violents, avaient touché l’un des magnifiques arbres de son parc.

S’attendant à ce que le général s’apitoie sur sa douleur et condamne la stupidité de ses soldats, celui-ci lui répondit  : « Chère dame, qu’attendez-vous pour  abattre votre arbre ?  Après, vous pourrez oublier ! » 
Son amertume ne pouvait changer l’apparence de l’arbre, mais risquait de changer profondément son caractère pour le pire !  Il lui fallait cessez de se concentrer sur son « handicap » Voilà bien un appel à dépasser nos bobos en tout genre.

Ne faudrait-il pas, une bonne fois pour toute que certains arbres dans nos vies soient  abattus pour que nous trouvions la force de sortir de nos handicaps, de tout ce qui nous empêche d’avancer librement.
Sommes-nous prêts à le faire ? Je sais que l’on n’y arrivera pas tout seul.

Mais, Jésus passe et repasse sur les routes humaines.
Dans la synagogue de Capernaüm, il abat la paralyse d’un homme qui ne peut se servir que d’une seule de ses mains.
Dans une maison au bord du lac de Tibériade Jésus offre à une femme alitée d’abattre sa fièvre et de repartir dans la vie.

Cette belle maman, qui n’a pu se rendre à la synagogue ce matin-là, se met à préparer de bons petits plats cuisinés.

Dans une famille où la mort a frappé une fille de douze ans, Jésus fait tomber la mort pour en faire jaillir la vie et rendre la fillette à ses parents. (Matt 9.25)

Quand Jésus rencontre cet homme qui perçoit des  gens comme des arbres, il abat l’arbre de la cécité;  Et l’homme voit distinctement.

Jésus ne marche pas sur des œufs, mais sur les flots de la mer pour tendre la main à Simon Pierre qui s’enfonce au milieu des vagues, non pour le faire flotter, mais le ramener en sécurité, dans la barque.

Ecoute mon frère, ma sœur cette merveilleuse promesse tirée du Psaumes 37:24  « S’il tombe, il n’est pas terrassé, Car l’Eternel lui prend la main. »

 

Je voudrais qu’aujourd’hui, toi qui penses que ta vie est par terre, toi qui crois que tu es terrassé(e), que tu laisses l’Eternel te prendre la main pour te conduire plus loin, pour te conduire peut-être où tu ne veux pas aller…  Mais où il te faut aller.

 

Tu te rappelles que Jésus avait dit à Pierre : « En vérité, en vérité, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudras pas. Jean 21:18 

 

Enfin, pour terminer comment Jésus faisait-il pour ne pas se laisser (handicaper) écraser par toute la misère véhiculée par tous ces gens de Capernaüm et d’ailleurs ?

 

L’Evangile de ce matin nous a appris que Jésus s’est retiré dans un endroit désert pour dialoguer avec son Père.

On ne connaît pas l'objet de sa prière, mais on peut imaginer facilement qu'il poursuit son dialogue d'amour avec ce Père qui l'a envoyé vivre au milieu des hommes.

 

Jésus a besoin de recharger ses batteries de pasteur et de se connecter toujours davantage à son Père. Il prie sûrement pour les gens qu'il a rencontrés la veille et pour ceux qu'il va rencontrer en ce nouveau jour. Il prie aussi pour ceux que le Père lui a donnés, selon l'expression de Jean, (Jean 17: 6)

 

Devant toutes ces misères du monde, nous aussi donnons à notre vie des moments privilégiés pour dialoguer avec le Seigneur, pour refaire nos forces spirituelles, pour refaire le « plein d'amour » avec Dieu, pour lui présenter les personnes que nous aimons, qui nous aiment, nos proches, nos parents,  sans oublier les personnes que nous aimons moins et qui nous haïssent peut-être.

 

La presse, la radio, les journaux télévisés, nous renseignent sur toute la souffrance qui touche notre planète, prenons donc le temps d’apporter notre monde à notre Dieu.

 

Puisse cette méditation contribuer à nous libérer de tout ce qui nous handicape, en acceptant de prendre la main du Christ qui se tend vers nous.

 

Que dans la prière, nous sachions ensuite nous mobiliser pour sans cesse refaire « le plein d’amour » afin de ne pas nous laisser une fois encore replonger dans ce qui handicap et nous pourrit la vie. Amen.

 

www.prier.net          http://frere.jacques.overblog.com

 

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