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Evangile de Marc 2:1-12

 

L'Evangile vient de nous annoncer que Jésus est de retour à Capharnaüm. Il s'est probablement installé chez deux de ses disciples, André et Pierre. La toute grande foule avide de "sensationnel", de "merveilleux" assoiffée de miracle est, elle aussi, revenue. Massée devant la porte de la maison, elle attend quelque chose ? 

 

Toi qui es venu, ou revenu sur ce blog quelle est ton attente ? Que viens-tu chercher ? Du sensationnel ?  Du merveilleux ? Es-tu prêt à entendre une  Parole que Dieu veut t'adresser ? Si tu cherche du miraculeux, sache que le miracle, lui, t'en met plein les yeux, quant à Dieu, il veut t'en mettre plein le cœur. C'est beaucoup mieux, crois-moi.

 

Puisse cette histoire de l'Evangile opérer dans ta vie le plein qui viendra combler ton vide, et réparer tes paralysies.


Il y a quelques jours déjà, au coucher du soleil, toute la ville de Capharnaüm s'était rassemblée devant la même maison. On avait amené à Jésus de nombreux malades et des démoniaques. Les malades étaient repartis guéris et les possédés libérés. Tous sauf un homme paralysé qui n'avait pu venir.

 

Cet homme symbolise à lui seul tous les laissés pour compte, tous les exclus d'hier, d'aujourd'hui et malheureusement encore de demain. Tous ces hommes et ces femmes paralysés au niveau, non seulement de leur corps, mais aussi de leurs pensées.

 

Ce paralysé de Capharnaüm n'a plus rien à espérer de la vie,  plus rien à gagner si personne ne lui porte secours. N’oublions jamais que le malade, le souffrant, l’isolé attende parfois bien longtemps que nous lui témoignons un peu de compréhension, un peu d’affection, et beaucoup d'amour. 

 

Que Dieu nous aide à ne pas oublier ceux qui, cette semaine, pourraient avoir besoin de notre aide ! Soyons vigilants sur tout ce qui se passe autour de nous.

 

Quel bonheur pour le paralytique de Capharnaüm d’entendre que Jésus est de retour ! Imaginez un instant qu'il ne soit jamais revenu et que ce paralytique se soit vous ! Aujourd'hui quatre hommes sont venus le chercher pour le conduire à Jésus. Mais voilà Jésus est inaccessible, il y a tant de monde sur place qu'on ne peut s'en approcher. Pour eux, le seul moyen d'accéder à Jésus ne peut se faire que par la toiture. Oseront-ils se lancer dans cette aventure ? Qu’aurions-nous fait à leur place ? 

 

Eux, c’est ensemble qu’ils ont pris la décision de découvrir la toiture.

Les chrétiens chantent souvent avec en train :  « Ensemble nous pouvons chanter, ensemble nous pouvons prier, …adorer, ensemble nous pouvons porter nos fardeaux et proclamer l’amour que Dieu met dans nos vies. Mais l’on doit bien constater que ce sont toujours les mêmes qui œuvrent dans l’Eglise.  Peut-on, ici imaginer un instant qu'un des brancardiers puisse dire à ses compagnons : "Je peux monter tout seul le paralytique sur le toit.  Ne vous fatiguez pas je vais m'en sortirai bien tout seul."

 

Jésus ne travaille pas tout seul, il travaille en équipe, il travaille dans la compagnie de ses disciples. Jésus ne conçoit pas qu'on puisse vivre sa vie tout seul dans son coin. Dès le jardin d'Eden, Dieu s'est préoccupé de donner une compagne à l'homme, afin qu'il ne soit pas seul, qu'il n'agisse pas seul, qu'il ne vive pas seul, mais qu'il trouve son bonheur dans la relation à un autre.

 

Regardez la terre, elle ne peut vivre seule, elle a besoin des pluies qui la fécondent, du soleil qui la réchauffe. La terre a besoin de la coopération des saisons et de l'alternance des jours et des nuits. Le ciel vit dans la relation avec la terre, avec ses habitants. Dieu a aimé le monde, il est venu apporter aux hommes son amour, son salut, sa paix, et sa vie éternelle.

 

Force est de constater que sa venue n'a pas été la bienvenue, que sa présence a fini par déranger, agacer, les autorités politiques, royales, et religieuses. Son rejet se fait sentir dans l'Evangile de ce matin.

 

Voici quatre porteurs animés par un souffle audacieux. Ils hissent  le paralytique sur le toit et créent une ouverture dans la toiture. Leur objectif : amener le paralysé aux pieds de Jésus. On s’attendrait à ce que Jésus leur fasse des réprimandes. "Allons les amis, vous allez un peu trop fort… ne pensez-vous pas que vous exagérez " 

Jésus ne regarde pas au trou dans la toiture, il regarde par le trou. Et par ce trou, il peut lire, tout au fond des cœurs, cette foi vivante qui anime ces quatre hommes qui se sont donnés tant de peine pour mettre le paralysé à ses pieds.

 

Jésus regarde souvent par le trou…

C'est en regardant par le trou créé dans le coeur du jeune homme riche que Jésus voit tout ce qui empêche ce jeune de le suivre pleinement. Voilà ce qui l’amène à dire : "Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu."  (Matthieu 19:24)

 

Des trous… des petits trous. Comme dans la chanson...

Que découvre le prophète Ezéchiel par le trou dans le mur ? Si vous êtes curieux, vous irez lire le chapitre 8 de ce livre.  Quelles leçons en tirerez-vous ?

 

Deutéronome 4:9  Seulement, prends garde à toi et veille attentivement sur ton âme, tous les jours de ta vie, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues, et qu’elles ne sortent de ton cœur ; enseigne-les à tes enfants et aux enfants de tes enfants.

 

Parents et grands-parents si vous ne pratiquez pas ce conseil, vous créerez dans votre propre âme un trou, par lequel on verra vos enfants s'éloigner toujours plus loin de la foi.

 

Maintenant Jésus se tourne vers le paralytique, et oh ! Surprise, alors qu'on s'attend à un miracle, et bien, il n'y en a pas. Pourquoi ?  Parce que Jésus a vu à travers la paralysie de cet homme qui se trouve à ses pieds un trou, un trou percé par le péché bien plus important que la paralysie. Voilà pourquoi Jésus lui dit : "Mon enfant, tes péchés sont pardonnés."

 

Pour Jésus, réparer le trou causé par le péché est primordial, vital, car "cette réparation" conduit à la guérison.

 

Les scribes qui ont assisté à la scène sont choqués par ces paroles de pardon prononcées par Jésus. Pour eux, il n'y a que Dieu qui ait le pouvoir de pardonner les péchés. Jésus n'est à leurs yeux qu'un blasphémateur, un usurpateur, un homme  qui se prend pour Dieu. Ils ne comprennent pas que Jésus c'est Dieu présent au milieu d'eux. Et nous, sommes-nous capables de reconnaître la présence de Dieu dans les faits, les gestes, les paroles de Jésus ?

 

Que penses-tu de ce pardon que Jésus vient de donner ? N'es-tu pas choqués. Quelqu’un m’a dit un jour, frère Jacques, comment est-ce possible que Jésus lui pardonne. Regarde ce paralysé n’a même pas fait d'aveu, il n’a rien confessé.  Il ne fait même pas une demande globale de pardon et tu trouves juste qu’il soit pardonné !  Moi pas !

C’est qu’il nous faut sans cesse apprendre que Dieu donne bien plus que ce que nous pouvons en attendre. Dieu n'est pas lié aux attentes et aux demandes des hommes. C'est à sa mesure à lui qu'il donne : gratuitement, sans mérite de notre (votre) part.

 

Tu me diras  le paralysé est pardonné mais il reste toujours couché et paralysé. Comme nous quand nous nous retrouvons dans une situation qui nous fait souffrir ! Nous supplions Dieu de nous en délivrer. Et quant à nos yeux, si les choses semblent ne pas bouger, la tentation est grande de penser que Dieu ne nous a pas exaucés.  Et pourtant si nous regardons au niveau de la foi (pour rappel la foi fait voir l'invisible… Hébreux 11:1) à l'intérieur tout est déjà changé, "guéri".

 

Dans le cœur des scribes il y a aussi un trou par lequel Jésus a plongé ses regards et vu les pensées de leurs cœurs. Alors, il les interroge : "Est-il plus facile de dire au paralysé : Tes péchés sont pardonnés, ou de lui dire : Lève-toi, prends ton lit, et marche ? Or afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés, je te l'ordonne prends ton lit et va dans ta maison."

 

Tout au long de cette histoire, le paralytique n'a pas dit un seul mot, il se lève, prend son lit et rentre chez-lui. Les scribes seront-ils capables de réviser leur jugement au sujet de Jésus. Se rendront-ils compte que Dieu ne désavoue pas Jésus quand il affirme que le Fils de l'homme a autorité pour pardonner les péchés ? Vous le saurez en lisant la suite de l’Evangile.

 

Cher ami lecteur que penses-tu de cette façon qu’à Jésus de pardonner ?  Moi, je crois que nous avons là une belle leçon d’amour et un chemin de Vie à explorer.

 

Est-ce que toi et moi nous sommes capables, comme Jésus de pardonner à ceux ou celles qui peuvent nous avoir fait du tort ?  Est-ce que ce pardon que nous sommes appelés à donner nous ne le lions pas trop souvent à une obligation de reconnaissance du mal causé ?  

Que le  « je te pardonne si tu reconnais ta faute »  soit à tout jamais banni de notre bouche !

 

Seigneur apprends-moi à pardonner comme toi. Que le pardon que tu nous appelles à donner soit offert gratuitement et sans attendre que celui ou  celle qui nous a créé du tort ne nous le demande.  
Seigneur change notre cœur. Accorde à chacun de mes lecteurs la grâce de suivre tes pas.  

 

Frere.Jacques 2009

   

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