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Frère Jacques médite avec vous deux histoires vraies tirées de la vie d’Elie et de Pierre.  (1 Rois 19 : 1-21 et Matthieu 14:22-33)

 

Le chapitre 19 du premier livre des Rois, nous annonce que la vie du prophète Élie est en pleine tourmente. Un vent de panique s'est emparé de lui.  La reine Jézabel, épouse du roi Achab, lui a fait dire qu'elle aurait sa peau et elle le jure par ses dieux. Élie prend peur. Sa foi en Dieu vacille tellement qu'il abandonne sa mission de prophète et tente de fuir pour sauver sa vie. Après une journée de marche, il arrive au désert et là, assis sous un genet, il crie à Dieu sa douleur. Il en a assez. Il est au bord de l'épuisement. Il réclame la mort.

 

Voici la réponse de Dieu au cri de désespoir de son serviteur, le prophète : un bon gâteau, une cruche d'eau. Étrange réponse direz-vous. Mais n'est-ce pas en réalité ce dont le prophète avait besoin. Ce repas lui donne maintenant la force de marcher quarante jours et quarante nuits, jusqu'à la montagne de Dieu : le Sinaï – où jadis le peuple d'Israël a rencontré son Dieu.

 

Élie a besoin d'une nouvelle rencontre avec Dieu.

Lorsqu’il arrive au Sinaï, Elie entre dans une caverne pour y passer la nuit et, surprise, Dieu l'attend et se révèle à lui dans un murmure doux et léger pour lui demander :  "Qu'es-tu venu faire ici ?"  Dieu prend ensuite le temps d’écouter la réponse de son serviteur. Elie  vide son sac. Il lui dit tout ce qu’il voit, tout ce qu’il croit, tout ce qu’il a observé, et tout ce qu’il ressent dans son fort intérieur.

 

Que fait alors Dieu avec tout cela ? Est-ce que nous le voyons dire à Elie : je crois que tu exagères, tu vas un peu trop loin ? Ce que tu penses n’est pas juste et personne ne veut pas ta mort. Non, rien de tout cela.

 

Rappelons-nous toujours que Dieu nous écoute jusqu’au bout de notre douleur et serrons cette vérité au centre de notre cœur. Osons lui crier toute notre souffrance, et vider tout notre sac. Puis faisons silence devant lui pour écouter ce qu’il a, lui, à nous dire. Faire silence devant Dieu, voilà bien une chose qui nous est difficile de pratiquer.

 

J’entends souvent les personnes me dire : « Dieu n’écoute pas mes prières. » Je leur réponds alors : « Est-ce que toi, tu prends le temps d’écouter Dieu ? Est-ce que tu lui donnes le temps de te répondre ? Trop souvent, notre prière dite, nous repartons, sans savoir qu’elle direction prendre pour sortir de notre souffrance ou de toutes les questions qui nous assaillent. Nous tournons en rond, incapables de trouver une porte, ou une fenêtre de secours.

 

Vous vous souvenez comment Dieu est intervenu la première fois après qu’Elie eût vidé son sac devant lui ? Une cruche d’eau, un bon gâteau, et la voix douce de Dieu. Cette fois, il n’y a rien de tout cela.  Pourquoi ?  C’est parce que les réponses de Dieu sont adaptées à nos propres situations. Nous voyons, ici, Dieu lui ordonner de reprendre la route qu’il a quittée. Et pour Elie reprendre la route signifie : reprendre sa mission, re-déployer son zèle, reprendre la vie et laisser la mort de côté.  Ce n’est pas l’heure pour lui de mourir. Pourtant son chemin passe par Damas.

 

Voici ce que Dieu lui ordonne : « Elie, je te confie trois missions. Deux sont royales, et la troisième est prophétique. (verset 16) Je te réoriente, tu sembles avoir perdu le Nord… quitte le Sud du pays et remonte vers le Nord-Est.» Elie obéit, retrouve confiance en Dieu, il marche vers le Nord-Est.  Il connaît désormais ce qui lui reste à faire. Il marche vers le Soleil levant  (Vers l’Est) vers la lumière, cette lumière de Dieu qui éclaire la vie et qui va l’accompagner dans une triple missions.

 

Matthieu 14:22-23

 

La barque dans laquelle les disciples se sont embarqués, sur l’ordre de Jésus se trouve au beau milieu du lac de Galilée. Il est quatre heures du matin. Le vent souffle dans la mauvaise direction. Pourquoi faut-il qu’il y ait toujours une mauvaise direction ? Pourquoi faut-il toujours que notre vie soit comme cette barque errante sur l’océan de la vie, poussée par des vents contraires au point de ne plus savoir où l’on se trouve, ni où l’on va ? Que faire pour retrouver le port de destination ? L’autre bord qui nous attend avec impatience ?

 

Voici maintenant que dans cette tempête qui fait rage, une étrange forme se déplace.  Elle intrigue, trouble, et finit même par les orienter vers une fausse interprétation. Les disciples croient percevoir un fantôme et tous poussent des cris, cris de désespérance, d’impuissance, de peur. Ne nous arrive-t-il pas aussi d'être troublés par ce que nous voyons parfois se dérouler devant nos yeux.

 

Combien de fois, comme les disciples, n'avons-nous pas mal interprété l'événement que nous percevions ou que nous vivions. Alors, il faut que Jésus nous rassure, qu'il nous dise comme aux disciples : "C'est moi, n'ayez pas peur !"

 

Ne nous faudrait-il pas, comme Pierre, vérifier notre vision, crier comme lui : "Seigneur si c'est toi, ordonne que j'aille vers Toi sur les eaux."  Apprenons, lorsque le vent est contraire, au sein de nos fausses interprétations, à entendre une voix nous dire  : "Viens". Le disciple Pierre, lui  ne se le fait pas dire deux fois; il sort de la barque. Il marche, comme Jésus, sur l'eau tumultueuse.

 

Quelle expérience extraordinaire, réconfortante que celle d'être appelé, et de recevoir la capacité de participer au même miracle que Jésus,  c'est-à-dire "marcher sur l'eau". J’aime méditer cette image de Jésus et de Pierre qui marchent l'un vers l'autre, sur les vagues, au milieu du vent contraire, et fort.

 

Lorsque que Pierre réalise ce qu'il est entrain de vivre, le vent jette le trouble dans son regard et sème la panique dans tout son être.  Elie, lui regardait aux paroles de Jézabel, et s’est laissé submerger par les menaces qu’elle proférait à son égard. Il s’est alors enfui.

 

Pierre, lui s’est laissé prendre au piège de son regard. Le vent, les vagues déstabilisent sa confiance et  il s'aperçoit maintenant qu'il commence à s'enfoncer. Il lance un S.O.S. : " Seigneur, sauve-moi !"  Merveilleuse image que celle de Jésus saisissant Pierre par la main afin de lui redonner la possibilité de remarcher sur l’eau. Il lui dit alors  : "Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ?"

 

Ces Paroles de Jésus l’invitent à en regarder la cause. C’est la petitesse de sa petite foi qui l’a fait chavirer. Il voyait plus le vent et les vagues que l’invitation à marcher sur l’eau.  ( lire 1 Timothée 1:18-19   Hébreux. 11:1, 6) Si nous revenons à Elie, lui, il faisait naufrage parce qu'il regardait aux imprécations de Jézabel plus qu’aux promesses que Dieu lui avait faites précédemment.

 

Interrogeons-nous sur ce qu’est un homme de peu de foi et sur ce qui l’amène au doute. Je vous suggère quelques pistes de réflexions. Nous devons bien le reconnaître, l'homme fixe parfois une certaine limite à sa confiance en Dieu. Ne dit-il pas parfois : «  Seigneur, je veux bien croire, mais jusqu'à un certain point. Ne m'en demande pas plus. » Ou encore,  Seigneur, je veux bien te suivre, mais il y a des limites que je ne suis pas prêt à franchir.

 

L’homme de peu de foi  : c’est celui a donc fixé une limité à sa propre foi. 

L’Apôtre Paul dira aux chrétiens de Thessalonique vous avez oublié de compléter ce qui manque à sa foi. (1 Thessalonique 3:10)  Notre prière devient alors : « Seigneur augmente-nous la foi. « (Luc 17:5)

 

L'homme de peu de foi : C’est celui dont à la foi est en recul, une foi rétrécie par les aléas de la vie.  Cet homme  n'a plus fait de progrès.

(2 Thessaloniciens 1:3)

Oui, nous le savons bien, tantôt les circonstances de la vie, ou une personne de notre entourage, peuvent blesser notre foi et même l’entraîner vers le doute.

Exemple : Avant sa conversion, Saul de Tarse attaquait la foi des Églises de Judée. (Galates 1:22)

Plus tard, il les exhortera lorsqu’il aura retrouvé le « bon sens » il sera le premier à les exhorter (encourager)

- à persévérer dans la foi ( Actes 14:22)

- à se défendre des attaques avec le bouclier de la foi (Ephésiens 6:16),

-  à veiller et à demeurer ferme dans la foi.  (1 Corinthiens 16:1)

Il ira jusqu'à écrire que les vieillards doivent être sobres, honnêtes, modérés, saints dans la foi.  ( Tite 2:2)

 

L'homme de peu de foi est celui dont la foi n'est plus fondée sur la puissance de Dieu.

(1 Corinthiens 2:5) C'est bien ce qui est arrivé à Pierre, quand il s'est mis à douter de la puissance de Dieu.

 

Enfin, pour terminer, je citerai cette parole de l'apôtre Paul écrite aux Colossiens : "Comme vous avez reçu le Seigneur Jésus-Christ, marchez en Lui, étant enracinés et fondés en Lui, affermis par la foi, d'après les instructions qui vous ont été données et abondez en actions de grâce."  Colossiens 2:6-7.

 

Vous entendez bien …!

La foi se reçoit, comme on reçoit le Seigneur.

La foi, nous fait marcher.

La foi, nous enracine.

La foi, nous donne une assise, une fondation. La foi affermit et solidifie notre relation avec Dieu.

Elle nous fait abonder (nous rend fertiles) en actions de grâces. (en reconnaissances)

 

Après leur rencontre de Dieu, Élie et Pierre pourraient ensemble nous dirent :    Nous marchons par la foi et non par la vue ; nous sommes pleins de confiance. (2 Corinthiens 5:6-7)  et toi veux-tu faire cette expérience de la rencontre avec Dieu ? Ta vie peut en être réorientée, et ton chemin éclairé.

 

Réponds maintenant à l’invitation que Dieu t’adresse en cet instant.  Il t’attend sur les vagues, dans le vent contraire, marche à sa rencontre. N’aie pas peur ! Lorsque tu seras à ses côtés vide ton cœur (ton sac) devant lui. Puis fait silence, car il a quelque chose d’important à te communiquer.  C’est peut-être une parole sur ta foi, mais cela peut être, comme pour Elie, une direction à prendre, une mission à accomplir.

 

Allez, bonne route, même au milieu de tout ce qui te semble contraire. Dieu sera toujours là, pour te donner la main et éclairer ton cœur, afin de te faire vivre et arriver au port.

 

 

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