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Publié par frère jacques

Dimanche 17 mars 2013 Frère Jacques était, une fois encore, l'invité de l'Eglise Protestante de Marcinelle (Belgique) voici son l'homélie tirée de l'Evangile de Jean 8:1-11 -

La femme prise en adultère -

Le texte biblique nous amène au temple de Jérusalem. Jésus donne une formation biblique à tous ceux qui sont venus. Tout à coup, des scribes et des pharisiens font irruption dans « la classe », ils amènent une femme prise en adultère. Ils l’a placent là au milieu de tout ce beau monde.  Quel spectacle ! Quelle honte ! Elle a violé l’un des commandements: « Tu ne commettras pas d’adultère »

 

Quelle définition donner à ce mot  « adultère » ?

Si vous allez sur internet vous découvrirez que le mot adultère est banalisé, comme si cela était devenu tout naturel.  Voici une organisation qui se présente comme un site pour homme et femme à la recherche d’une rencontre adultère extra conjugale elle vous assure un service discret, efficace pour trouver amant ou maîtresse.

Un autre site se présente comme étant une rencontre magique, et vous invite à vous connecter à…  !!! Mais encore, ce site qui sonne comme une invitation en vous mettant directement au parfum : « Le vie est trop courte, cougars infidèles, rencontre adultère. »

Un sondage réalisé il y a quelques années établissait que 39% des hommes et 25% des femmes avaient trompé leur partenaire. Le célèbre rapport Hite indique qu’aux Etats-Unis, 70% des femmes ayant plus de cinq ans de mariage déclarent avoir été infidèles au moins une fois. Ce chiffre est de 72 % pour les hommes.

Selon des études sur les groupes sanguins, confirmées par des tests de paternité résultants de l'étude de l'ADN, on estime qu'environ 4 % des enfants ne sont pas ceux du père de famille. Selon Evelyne Sullerot cette estimation pourrait même se monter à 8 %.

Le temps nous manque pour évoquer comment certains artistes peintres évoquent l’adultère dans leurs tableaux. Je citerais le tableau de Jules Arsène Garnier : Le supplice des adultères.

Sur le plan religieux en revanche l’adultère est condamné dans le judaïsme, (Deutéronome 22.20-24)

Dans l'islam la peine concerne à la fois les hommes et les femmes, c'est notamment une infraction passible de la peine de mort par lapidation, dans les pays appliquant la loi islamique. Cette disposition étant fondée sur un Hâdith, et non sur le Coran qui lui, ne mentionne nullement la lapidation. 

Chez les amérindiens Illinoisn l'adultère féminin était jadis sévèrement puni : la victime avait le nez coupé, les cheveux arrachés ou allait même jusqu'à subir un viol collectif.

Les Athéniens de l'époque classique (Ve siècle av. J.-C.) punissaient non seulement le couple adultère mais également tous ceux qui, au courant, n'avaient rien fait pour les dénoncer.

Si nous regardons ce que la Bible nous dit sur le sujet de l’adultère, elle le présente comme une violation du devoir de fidélité. 

 1.  au cœur du mariage

 - coucher avec une femme mariée.

2. au temps des fiançailles.

- s’en prendre à une jeune fille vierge et fiancée pour coucher avec elle, c’est commettre un acte qui déshonore la femme de son prochain.

La Bible nous invite toujours à une analyse sur ce qui s’est passé, afin de déterminer s’il s’agit d’un viol ou d’un acte commis avec consentement.

Quant au châtiment à infliger au coupable dans pareil cas, la Bible prend en considération le lieu où l’acte s’est produit (dans la ville, ou dans la campagne)

Mais qui est cette femme de l’Evangile accusée d’adultère et qui vient d’être amenée à Jésus ? Une femme mariée, une fiancée infidèle, ou violée ? Ces gens qui l’ont amenée le savent-ils ?  Dans quelle catégorie la rangent-ils ?

Pour dire vrai, le cas de cette femme ne les intéresse pas beaucoup. Ils sont venus avec elle, juste pour piéger Jésus, car ils veulent se débarrasser de lui. Pour cela ils pensent avoir trouvé un vrai sujet d’accusation, afin de porter atteinte à son honneur, détruire sa réputation et le réduire à néant. Tel est leur objectif inavoué. Le thème de l’adultère va leur fournir d'occasion. C’est toujours ainsi qu’on agit quand on veut se débarrasser de quelqu’un de gênant. 

Moïse a ordonné de lapider... et toi, Jésus face à cette loi de Moïse comment vois-tu les choses. Que vas-tu faire de cette femme? Tu appliques la loi ou tu nous enseignes autre chose ?

Ce que Jésus veut aujourd’hui nous enseigner, c’est apprendre à discerner ce qui se cache derrière les questions qui peuvent parfois nous être posées.

Observons l’analyse qu’en fait Jésus et les conclusions qu’il en tire.

Jésus discerne quatre pièges dans le comportement de ces détracteurs.

(1) S’il applique la loi de Moïse, il empiète sur les droits de l’autorité romaine, car elle seule détient le droit de juger.

(2) S’il répond : « Lapidez-là », on ne manquera pas l’occasion de dire : « Vous voyez bien, il se dit miséricordieux, il annonce la grâce et le pardon de Dieu au pêcheur » et maintenant, il vous dit : « lapidez ».

(3 ) Jésus ne peut ni ne veut entrer en conflit avec l’autorité du pays. Il sait très bien que la loi romaine ne punit pas de mort l’adultère. Il a donc bien perçu le piège de la traîtrise des hommes qui l’interrogent.

(4) Enfin, s’il  invite ses interrogateurs à ne pas appliquer la peine de mort, ils pourront l’accuser d’être un faux Messie, et d’être ainsi un opposant à la loi de Moïse.

Le peuple n’attend-il pas un Messie qui vient rétablir le règne de la loi et de la justice ? Et nous croyants, n'attendons-nous pas le retour de Jésus-Christ pour remettre ce monde à l'endroit ? Oui Maranatha ! Viens Seigneur ! 

On le voit bien, Jésus est pris au piège de leur souricière et ce n’est pas la première fois. Il y avait déjà eu un précédent. Il concernait l’empereur et les impôts. « Faut-il payer l’impôt au pouvoir romain ? » Jésus leur avait répondu : « Rendez à César et à Dieu ce qui leur revient à chacun. »

Savons-nous, nous aussi faire le tour des questions que les gens nous posent parfois à propos de notre foi, des enseignements de l’Eglise et spécialement quand, dans leurs questions, ils y ont dressé des pièges. Tout ici sent la puissance de la ruse des fils du diable.

Savoir décoder ce que contiennent les questions, c’est apprendre ainsi à ne pas tomber dans le piège pernicieux du malin. Ne croyons pas que Jésus soit indifférent à la question de l’adultère. Il va d’ailleurs réagir, mais à sa manière.

V 6 Jésus se baisse et commence par écrire avec le doigt sur la terre. On continue à l’interroger, il se relève pour dire : « Que celui de vous qui est sans péché jette la première pierre contre la femme adultère »

V 8 Jésus se baisse à nouveau; il écrit une nouvelle fois sur le sol. Qu’a-t-il bien pu écrire, par deux fois ?

Je vous suggère trois  pistes de réflexion.

· Y-a-t-il un acte écrit qui condamne cette femme d’adultère ?

· Où sont les témoins et l’homme qui, avec elle, a commis cette infamie ?

· Jésus écrit sur le sable les péchés de chacun.

Jésus pourrait très bien dire maintenant aux accusateurs de cette femme, puisque vous ne pouvez produire ni l’acte de condamnation, ni les témoins, ni le coupable, et bien restons-en là et classons l’affaire. Mais il ne serait pas juste s’il laissait les choses dans cet état. Dès lors il invite les accusateurs à appliquer la condamnation. Il faut qu’il y ait quelqu’un qui jette la première pierre. Hors, tous savent que se sont les témoins qui doivent appliquer le jugement. (Deut. 17:7 et Actes 7:58)

Et puisqu’ils ne sont pas là, Jésus va en profiter pour conduire cette affaire bien au-delà du cas de l’adultère. « Que celui qui est sans péché, jette la première pierre » dit-il.

Jésus oblige chacun des auditeurs à regarder en lui-même. Ils se taisent et ils n'ont plus rien à dire. Les voilà tous qu'ils se retirent, du plus vieux au plus jeune, ils abandonnent le femme adultère au verdit de celui qu'ils étaient venu piéger. Du plus vieux au plus jeune, ils finissent tous par se retirer, abandonnant la femme adultère au verdict de celui qu'ils étaient venus piéger.

Cette femme est maintenant seule avec Jésus qui se relève. « Femme, où sont tes accusateurs ? Personne ne t’a-t-il condamnée ? » « Personne Seigneur. »

Vous avez entendu la question de Jésus ? Jésus nous fait prendre conscience que ces hommes qui avaient amenée  cette femme n’étaient ni ses juges, ni des témoins, justes des accusateurs, des pécheurs comme elle. C’est pour cela qu’ils sont tous partis.  Cette femme n’ayant plus d’accusateurs est maintenant capable de rencontrer le Seigneur qui lui dit: « Je ne te condamne pas non plus : va, et ne pèche plus. » Jésus est bien celui qui est venu chercher et sauver ce qui est perdu.

Avez-vous remarqué qu’il ne dit pas à cette femme comme il l’avait dit dans une autre circonstance : « tes péchés sont pardonnés » (Luc 7:48)

Il ne lui fait pas de déclaration de pardon. Jésus lui accorde tout simplement le temps nécessaire pour se repentir et pour changer sa manière de vivre. Par ces paroles : « Va et ne pèche plus » Jésus lui indique la seule voie sur laquelle elle pourra saisir le salut. En la sauvant de la mort par lapidation, Jésus lui rend la vie, et lui remet son avenir entre ses seules mains de femme. Il lui appartient désormais de prendre le chemin de la grâce que lui offre Jésus le Libérateur.

En détectant les quatre pièges de ses accusateurs, Jésus, lui, s’est libéré de l’emprise du malin. Il peut désormais continuer sa route comme un homme libre.

Que Jésus soit toujours notre Libérateur.

Qu’il nous ouvre toujours un chemin de vie.

Qu’il nous aide à discerner les pièges que peuvent nous dresser le malin et ses anges.

Ainsi, par sa grâce et dans sa libération nous pourrons continuer notre chemin avec lui

 

 

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Serge 06/04/2013 12:12


Merci pour cette très belle homélie qui remets certaines pendules à l'heure.